Catherine CECCHINI : C’est la certification qui est venue à moi

Catherine CECCHINI qui prépare sa certification ICPF, accompagnée par Dominique DANCOISNE.

Sur l’espace du seul mois de juillet 2019, Catherine CECCHINI produit son dossier de certification Qualité, version CNEFOP, et obtient le 27 août 2019 la validation par l’Auditeur ICPF de sa fonction de Consultante-Formatrice pour les trois domaines de formations qu’elle maîtrise :

  • Développement des compétences comportementales et managériales en milieu industriel.
  • Communication constructive, Management opérationnel en milieu industriel.
  • Accompagnement d’équipes à construire leur vision et à mieux travailler ensemble.

Afin de poursuivre l’accompagnement de ses clients dans le « big-bang » de la formation professionnelle, mais aussi afin de multiplier ses partenariats, Catherine anticipe l’échéance du 01° janvier 2021 en préparant dès à présent la Certification Qualité RNCQ.

Pourquoi avez-vous décidé d’obtenir une Certification Qualité en tant qu’OPAC ?

En fait, c’est la certification qui est venue à moi ».

La réforme engendrée par la Loi 2018-771 du 05 septembre 2018 a donné un coup de frein à l’activité pédagogique, que j’ai ressenti dès Avril 2019. Mon Organisme de Formation est basé en Dordogne (Nouvelle-Aquitaine). Depuis 2013, je crée et j’anime des formations aux compétences comportementales transverses, et les nouvelles problématiques de financement de la formation professionnelle m’ont laissé présager que mes clients habituels seraient « frileux » en 2019. Cela a été le cas et mon chiffre d’affaires a sensiblement diminué en 2019 versus 2018.

J’ai alors réfléchi à « comment faire pour être dans les clous », mais aussi à « comment faire mon métier, désormais ». Sur Internet, j’ai trouvé nombre d’informations relative à la Réforme : ce que c’est, ce qu’elle implique.

Mon organisme était déjà DataDocké, et je n’avais pas réellement perçu qu’une nouvelle certification qualité serait obligatoire pour les OPAC (Organismes Prestataires d’Actions concourant au développement des Compétences) souhaitant que leurs clients puissent bénéficier de financements publics ou mutualisés.

J’ai réalisé le test initial sur la plateforme en ligne NOE de ICPF&PSI, ce qui a amené une mise en relation avec Dominique Dancoisne – INEXFOR, partenaire d’ICPF sur l’Aquitaine. Lors de notre premier entretien téléphonique très complet, j’ai percuté sur l’urgence d’obtenir une certification qualité dans mon cas précis. De surcroît, j’ai bien perçu l’avantage concurrentiel que j’en tirerais, et sur lequel je pourrais communiquer.

Je me suis donc décidée tout de suite, et en juin 2019 nous avons programmé trois journées séparées d’accompagnement individuel courant juillet, période d’activité plus calme pour moi. Dominique m’avait bien renseignée sur les modalités de cette formation, et sur le niveau d’investissement en temps et en énergie qu’une démarche de certification qualité exige. Les 80 heures de travail personnel annoncées étaient très réalistes, puisque le montage de mon dossier a réclamé environ 100 heures au total, avant de le soumettre en ligne à l’Auditeur ICPF&PSI. J’ai d’ailleurs publié un témoignage sur le site de mon entreprise Usinaire S.A.S.

Comment avez-vous vécu cette démarche de certification ?

Au niveau du ressenti, j’ai vécu trois perceptions différentes.

-1- Lors du premier jour de formation, je ressentais un peu de colère contre le système :

  • On me demandait de prouver la qualité de ce que je faisais depuis trente ans.
  • J’allais consacrer un temps fou à cette certification.
  • Il fallait payer pour être reconnu(e).

Pour un petit organisme, et lorsqu’on est seul, c’est tout simplement injuste, car on ne dispose pas des services d’une grosse structure de formation. De plus, lorsqu’on travaille sur sa certification, on n’est pas chez un client ou en train d’animer des séminaires.

-2- Ensuite, j’ai monté mon dossier avec rigueur, parce que j’aime bien, finalement, me remettre en cause, et être conforme à la réglementation en vigueur. J’ai également pris du recul sur ma pratique d’ingénierie pédagogique, que je réalisais sans totalement la décrypter. J’ai traversé quelques moments de peur : il y avait tellement de modalités administratives, de documents à fournir ! Pour ne rien oublier, j’ai processé ma démarche. Le 25 juillet 2019, je n’en pouvais plus. Le Plan Qualité, élément central du dossier, se terminait, mais il y avait encore d’autres points à boucler. Mon objectif était d’appuyer sur le bouton « Soumettre le dossier à l’Auditeur » le 30 juillet. Finalement, je ne pensais pas au départ qu’il me faudrait fournir autant de preuves, mais je ne percevais pas non plus que ces preuves étaient déjà en ma possession.

-3- J’imaginais recevoir rapidement le retour de l’Auditeur, mais on était au mois d’août, et les questionnaires Qualité adressés aux clients tardaient à revenir complétés, à cause des congés des uns et des autres. J’en profite ici pour remercier chaleureusement mes clients pour la fourniture d’attestation ERP (Etablissement Recevant du Public), de témoignages de satisfaction personnalisés, et d’autres documents qui étaient à produire. Certains dirigeants d’entreprises clientes m’appelaient en me disant : « Je n’ai pas encore reçu le questionnaire Qualité pour votre certification. C’est normal ? ». Oui, en l’occurrence, ça l’était, mais j’ai été très touchée par leur empressement à participer, leur soutien et leur bienveillance à mon égard.

Avec le recul, je considère qu’il est préférable d’être accompagné(e) dans cette démarche. Le gain de temps de conception est évident, notamment parce que des exemples/modèles m’ont été fournis. A certains moments, on peut se décourager si on est seul(e), et enfin, une « supervision » du travail évite le « hors-sujet » dans la conception du dossier. Sans échéancement des journées de formation, avec des « devoirs à produire » dans l’intervalle, et sans quelqu’un pour m’accompagner « sur mesure », j’aurais été moins tenace et moins impliquée. L’aspect réglementaire m’a bien intéressée, tout compte fait. Il est nécessaire d’en décrypter le contenu, mais les textes créent un fil conducteur auquel se référer afin de revenir sur sa propre pratique.

Concrètement, comment votre démarche Qualité se traduit-elle aujourd’hui ?

  • Ma première réaction a bien sûr été de communiquer à propos de ma Certification Qualité sur mon site, dans le cadre d’une lettre d’information, et auprès de mon réseau LinkedIn. L’argument principal que j’ai développé était : « Je suis une Professionnelle dans le milieu que j’ai choisi ». J’ai cependant constaté que, si j’obtenais bien des bravos et des félicitations en retour, y compris de la part de mes clients réguliers, ce type d’annonce n’entrainait pas de ventes supplémentaires de mes services.
  • Ma seconde réaction a été d’approfondir ma réflexion à partir de la question suivante : « Que signifie la réforme de la formation professionnelle pour mon activité ? ». J’en ai tiré trois réponses principales :
    • « Les cartes sont rebattues ».
    • « D’ici 15 mois à peine, le monde de la formation ne sera plus le même qu’aujourd’hui ».
    • « Mon OPAC doit changer de braquet sous trois mois, et je ne dois pas me tromper de stratégie ».
  • Ma troisième réaction a consisté à éviter le réflexe « court-termiste » et à éliminer de ma démarche de diversification tout ce qui était « trop long, trop cher, trop technique », notamment les formations certifiantes. Mon expertise commence avec l’ingénierie pédagogique, et le « sur-mesure » est ma spécialité. Depuis cette année 2019, les financements ne concernent plus les mêmes catégories de formations qu’auparavant, et l’échéance pour tous les OPAC qui souhaitent que leurs clients puissent toujours en bénéficier est fixée au 1er janvier 2021. J’anticipe donc dès à présent la date de ma future Certification Qualité RNCQ, et mon actuelle Certification « CNEFOP » me permettra de bénéficier d’une demi-journée d’audit sur site au lieu d’une journée entière. La démarche qualité que j’ai entamée va se densifier. Je vais ouvrir des canaux de visibilité avec une communication constructive auprès de nouvelles cibles de clientèle, via les OPCO et notamment OPCALIA/AKTO, Aquitaine Cap Métiers (AROFE), et les branches professionnelles, dont celle de l’UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie).

Je vais continuer à développer mes compétences en suivant notamment une formation AFEST qui me semble être en droite ligne de ce que je propose aujourd’hui aux industries. Quant à la digitalisation des formations, c’est un sujet à traiter. Certainement pas seule, car cela demande de la réflexion et de l’investissement. Je vais donc commencer par me former pour comprendre et me sensibiliser à la digitalisation des formations, et je verrai ensuite comment m’y prendre.

Ma Certification Qualité me permet aujourd’hui d’engendrer une relation de confiance avec de nouveaux partenaires, et de conserver celle de mes clients.

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